Albane - 18 oct.
Rencontre avec Margaux, participante aux Mots, lauréate du Prix du Jeune Écrivain 2017

Margaux Leridon a participé, en saison 1, à l’atelier d’Ollivier Pourriol “L'écriture comme bricolage : découvrir la boîte à outils de l’écrivain”. Elle figure, à 27 ans, parmi les 12 lauréats du Prix du Jeune Écrivain 2017.

Comment as-tu connu ce prix ? Peux-tu nous expliquer comment cela se passe ?

J'avais entendu parlé du prix il y a longtemps, en lisant la biographie d'un écrivain qui l'avait gagné. J’ai participé une première fois, en 2014, mais je n'ai pas été sélectionnée. Et puis en février dernier, je me suis souvenue de son existence d'une manière assez improbable. J'étais en Égypte pour rendre visite à une amie qui travaillait à l'Institut français du Caire. En allant la chercher au bureau, je suis tombée sur une affiche du concours dans le couloir. J'ai réalisé que c'était ma dernière chance d'y participer, car j'allais avoir 27 ans, l'âge limite. Comme je travaillais vaguement sur une nouvelle à ce moment-là, j'ai décidé d'accélérer le rythme, pour pouvoir la soumettre au jury.

Est-ce qu’avoir participé à  l'atelier d’Ollivier Pourriol t'a aidée dans le concours ?

L'atelier avec Ollivier Pourriol m'a plus qu'aidée : c'est en suivant l'un de ses conseils que j'ai construit ma nouvelle. Il nous avait recommandé de réfléchir à nos personnages en termes de rapport de vitesse, par exemple en imaginant un personnage rapide obligé d'être lent, et un personnage lent obligé d'être rapide. J'ai pensé à deux protagonistes : une journaliste hyperactive et mondaine, qui se trouverait bloquée dans une chambre d'hôtel pour des raisons extérieures à sa volonté, et son assistante besogneuse et timide, qui serait obligée de la remplacer pour une interview au pied-levé. C'est devenu le point de départ de ma nouvelle.

Que peux-tu nous dire sur les ateliers d’écriture ? Un retour d’expérience ?

Je ne me souviens pas d'une anecdote en particulier, mais j'avais été frappée par les différences d'imaginaires des uns et des autres. À chaque fois qu'Ollivier nous proposait un exercice, je m'attendais à ce que l'idée qui me venait spontanément à l'esprit vienne à l'esprit de tout le monde, et c'était assez drôle de voir qu'en général chacun interprétait le sujet très différemment. Ce qui est plutôt rassurant, en fait.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer dans un concours d’écriture ?

Je ne saurai que trop répéter le conseil d'Ollivier, de ne pas se relire avant d'avoir fini un premier jet. J'avais commencé des dizaines de textes que j'avais arrêté à la page 5 parce que je passais mon temps à retravailler les quatre premières. Ce conseil m'a débloquée.  Bien sûr il faut se relire attentivement et à plusieurs reprises après, évidemment ! Sinon, quand j'étais étudiante, un prof m'avait dit : "écris ce que tu aurais envie de lire". J'y repense souvent.

Et maintenant alors ? As-tu un projet en cours ?

Je travaille sur un roman (mais j'ai beaucoup de mal à appliquer le conseil de ne pas me relire pour un format long ! ).

Et si on se quittait sur un conseil de lecture ? Quelle est ta lecture du moment ? As-tu un auteur ou une citation favorite ?

En ce moment je lis beaucoup l'oeuvre de Chimamanda Ngozi Adichie.

Sinon, j'ai recopié partout une citation de Roland Barthes : "Il faut donner l'intime et pas le privé". Ça aussi, c'est un excellent conseil pour un écrivain, je trouve. Mais pour être complètement honnête, j'ai découvert cette phrase dans un texte de Jean-Philippe Toussaint qui la mentionnait.